L’austérité n’est pas une fatalité

Le budget de l’Etat est «le reflet des priorités économiques et sociales traduisant les valeurs que la société entend promouvoir». Pour 2015, ce budget met en musique le Pacte de responsabilité, dans le prolongement des directives européennes, avec une Banque Centrale Européenne aux ordres des marchés financiers.

Mais l’austérité imposée par Bruxelles, ce n’est pas pour tout le monde. Pendant que les banquiers se gavent littéralement puisqu’il a été décidé de continuer à payer la dette pour une  grande part illégitime, les actionnaires touchent les dividendes:  40 milliards  versés en 2013, 5% de plus qu’en 2012. Et c’est nous qui payons  les milliards qu’empochent  les entreprises du CAC 40 et  les banquiers.

Austérité pour les communes et territoires

Pour  les collectivités territoriales, ces choix se traduiront par des baisses importantes des dotations de l’Etat (DGF) : 11 milliards d’euros en moins pour les 3 prochaines années.

Dès la fin 2014, à la Ville de Rennes, le PS  impose 500 000 € d’économies sur le dos des personnels. Sur 5 ans, le budget de la Ville devra être amputé de 23 millions d’euros. Comme l’écrit un syndicat, ce sera une situation « inédite … catastrophique ». Le pacte social proposé par les élus socialistes n’est pas acceptable. Au quotidien dans les services municipaux ce pacte rime avec surcharge de travail,  absence de remplacement,  souffrances…

Par ses votes à l’Assemblée Nationale et sa signature en bas d’un texte de soutien à la politique de Valls et Hollande, Madame la Maire accepte cette rigueur budgétaire et assume pleinement la baisse de dotation globale de fonctionnement de sa ville.

Coupes sombres pour les budgets des associations

Dans les associations, selon une estimation effectuée par le Front de gauche, 264 900 emplois seront supprimés au niveau national. A Rennes, l’importance du tissu associatif n’est plus à démontrer. Baisse de subventions et suppressions d’emploi, donc suppressions d’activités, entraineront des dégâts humains importants.

Attaques contre la sécurité sociale

L’actuelle loi de finance de la Sécurité sociale la prive aussi  de 6,2 milliards d’euros correspondant aux  exonérations des cotisations patronales. Pourtant les fraudes patronales s’élèvent à 20-25 milliards d’euros. La logique voudrait que l’on s’en prenne aux racines du mal ! Encore une fois, il n’en sera rien: 500 millions d’économies supportés par les agents de la Sécurité sociale, 700 millions d’économies supportés par les familles et 3,2 milliards d’euros d’économies sur l’assurance maladie. Toujours les mêmes qui trinquent!

Echec annoncé

Tout est en place pour que l’échec se perpétue. Le Président  a dû finalement admettre que « La crise s’est révélée plus longue et plus profonde que nous l’avions nous-mêmes prévu ». L’aile la plus libérale du PS ne prend acte de l’échec de cette stratégie que pour faire de la surenchère: « il est clair que les choses ne se sont pas déroulées comme prévu et qu’il est désormais inutile de s’accrocher à l’idée des deux temps du quinquennat : deux ans et demi d’effort et deux ans et demi de redistribution. La crise s’est approfondie et la France tarde à en sortir ». Approfondir ce qui a échoué c’est la ligne du gouvernement Valls 2.

Pour une Alternative à l’Austérité

Sortir de la crise, cela suppose d’affronter ceux qui nous  confisquent les fruits de notre travail et promouvoir un autre mode de développement partant des besoins sociaux décidés ensemble. Cela nécessite  une forte mobilisation citoyenne. C’est le sens de notre participation au collectif 3A qui regroupe citoyens, associations, syndicats, partis en respectant la spécificité de chacun.