Déclaration unitaire d’organisations de gauche d’Ille-et-Vilaine contre la répression policière du mouvement des Gilets Jaunes

Depuis plusieurs semaines, notre pays connait avec les gilets jaunes
un mouvement social inédit.  Cette colère populaire est légitime. Ne
plus pouvoir vivre de son salaire. Craindre pour son avenir, pour
celui de ses enfants, pour celui des générations futures quand une
minorité de privilégiés s’accapare l’essentiel des fruits du travail
collectif est devenu intolérable pour la majorité de nos
concitoyen·ne·s qui le manifeste sous des formes multiples.

Dans la colère qui s’exprime, il y a des choses que nous condamnons
fermement, par exemple des propos anti-migrants ou encore des actes de
violences qui ont eu lieu contre des journalistes. Si ces faits sont
graves, ils sont extrêmement minoritaires. Car très majoritairement

 s’exprime dans ce mouvement des demandes de plus de justice sociale,
de justice fiscale, de plus de démocratie que nous partageons
largement puisque, dans notre diversité, nous militons en ce sens
depuis des années.

Face aux revendications populaires, le gouvernement n’a répondu pour
l’instant que par le mépris. Au lieu d’apporter des réponses
politiques, il met en œuvre une répression policière brutale. Des
milliers de personnes arrêtées, des centaines de blessé.e.s et de
mutilé.e.s, c’est sans précédent !

Cette répression tient lieu de politique pour un gouvernement sombrant
dans le discrédit général et, par là, ce sont les libertés
démocratiques qui sont mises en danger. C’est pourquoi, solidaires des
personnes qui sont victimes de ces dérives liberticides, nous
demandons :


– une amnistie générale et sans condition pour tous les gilets jaunes
victimes de la répression policière et judiciaire exercée par le
gouvernement Macron alors qu’ils n’ont commis aucune violence

– la levée de toutes les mesures portant atteinte au droit de
manifester ;

– l’abandon du projet de loi anticasseurs qui criminalise le droit de
manifester ainsi que de la réforme de la justice qui restreint l’accès
à un juge pour tous et la protection des droits et des libertés
fondamentaux des citoyens ;

– l’abandon et l’interdiction de toutes les armes dites non-létales
mais dont l’utilisation conduit à des mutilations ou à des morts,
telles que les LBD 40 (flash-balls) et les grenades de
désencerclement, que le défenseur des droits Jacques Toubon considère
avec raison d’une « grande dangerosité ». A Rennes, nous n’oublions
pas cet étudiant en géographie de 20 ans qui a perdu un œil à cause
d’un tir de flash-ball pendant le mouvement contre la loi El Khomri.

– l’arrêt de l’utilisation massive de gaz lacrymogènes, gaz
neurotoxiques extrêmement dangereux

– plus aucun policiers en civils dans les manifestations

– que la lumière soit totalement faite sur les chaînes de
commandement, responsables des violences policières ayant abouti à des
blessures de manifestant.e.s.

A Rennes, une nouvelle manifestation des gilets jaunes aura lieu
samedi 19 janvier à 14h. Nos organisations interpellent solennellement
la préfecture d’Ille-et-Vilaine pour qu’il n’y ait aucune violence
policière à cette manifestation.

Premiers signataires : Ensemble, Génération.s, Mouvement Jeunes
Communistes, NPA, Parti Communiste Français, Parti de Gauche