Réforme territoriale : déni de démocratie et orthodoxie libérale

Le charcutage territorial en cours illustre à merveille la soumission totale de la politique de Hollande-Valls aux desiderata des possédants.

C’est d’emblée une décision autocratique (Hollande l’annonce par voie de presse en juin 2014) sans débat ni consultation démocratiques. L’adhésion des dirigeants du PS au fonctionnement de la Vème République est intégrale. De Gaulle en son temps (1969) avait prévu un référendum sur la question des régions et du Sénat, dans un but plébiscitaire certes, mais quand même…

Cette réforme territoriale est cohérente avec le libéralisme économique qui préside au «pacte de responsabilité». Il s’agit de soumettre le peuple français aux impératifs de la compétition mondialisée, en dessinant à la hâte et à la hache des territoires censés constituer des espaces concurrentiels (à l’image du Grand Paris par exemple). Ces régions redécoupées vont se voir attribuer des compétences exclusives en matière notamment de développement économique. Le rôle aménageur et redistributeur de l’État va s’en trouver amoindri. La situation sociale du plus grand nombre nécessiterait des politiques ambitieuses de péréquation entre régions (que deviendront des régions déjà exsangues au plan économique comme le Limousin, les Ardennes, l’Auvergne?), et un rôle accru de l’État en faveur de la demande publique (transition écologique et réindustrialisation), dans un souci égalitaire.

Cela va de pair avec la promotion des métropoles qui vont concentrer les investissements et les richesses, au détriment des services publics égalitaires entre territoires (ainsi pour le transport ferroviaire ou la politique de recherche et développement). De plus, l’injonction faite aux collectivités locales de relayer la politique d’austérité (pacte de responsabilité) va entraîner une dégradation des services rendus à la population.

En Bretagne, le choix de conserver une région à quatre départements, sans la Loire Atlantique, se fait sans consultation des populations concernées. L’unité culturelle, sociale et humaine de la Bretagne mérite un débat autrement plus ambitieux et plus large.

Nous demandons qu’un référendum soit organisé sur cette question régionale : c’est le minimum démocratique, à l’heure des grands débats qui agitent la Catalogne ou l’Écosse. Des votations citoyennes vont être organisées en Bretagne, nous soutenons ces initiatives.

La réforme territoriale, couplée à la disparition des départements (dont le rôle est majeur en matière d’aide sociale), à la métropolisation, au plan d’austérité de 50 milliards d’euros est un nouveau déni de démocratie. Cela va encore favoriser la désaffection des citoyens pour la politique.

Face à ce danger, nous défendons la nécessité d’une vraie révolution démocratique, d’une VIème République.