Sécu, la bourse ou la vie, il faut choisir!

« On juge du degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses fous »

Lucien Bonnafé

 

Parce que leur lutte nous concerne, nous soutenons les personnels grévistes du Centre Hospitalier Guillaume Régnier de Rennes

Ils se mobilisent depuis plus de 6 semaines
Les grévistes se relaient, près de 200 d’entre eux se sont rassemblés et lors des temps forts de mobilisation, 25% des personnels sont grévistes. Le CHGR emploie 2491 agents et 108 médecins.
Les salariés et les organisations syndicales, SUD santé sociaux et la CGT, dénoncent le manque de lits, les burn-out, le manque de personnel pour assurer les soins en toute sécurité, une précarisation de plus en plus forte des agents contractuels. Dans ce climat tendu, les situations de détresse et donc de violence augmentent. Au-delà de revendications légitimes, les personnels du CHGR posent la question de la manière dont s’effectuent les solidarités dans notre pays. Comment soigne-t-on en psychiatrie au 21ème siècle, comment respectet- on la dignité et l’altérité de chacun?
Garantir les soins en psychiatrie cela passe par des moyens (personnel en nombre suffisant, pérennisation des statuts, réhabilitation des locaux) en intra comme en extra hospitalier.

D’où vient cette situation?
Le budget des hôpitaux est insuffisant. Qui le décide? Les députés sur proposition du gouvernement votent la loi de financement de la sécurité sociale.
Les ARS Agences régionales de soin sont chargées d’attribuer les budgets de fonctionnement des hôpitaux. Elles le font dans le cadre de l’ONDAM, l’objectif national des dépenses d’assurance maladie négocié avec les caisses de sécurité sociale. En psychiatrie, la reconduction des budgets s’est faite à taux constant , il s’agit donc bien d’une réduction des moyens. La réserve prudentielle n’ayant pas été débloquée, pour un établissement comme le CHGR, cela représente 500 000 euros, pour la psychiatrie sur le territoire national c’est 4,9 millions d’euros qui sont gelés. Les recettes de la sécurité sociale ne cessent de diminuer. Sous la pression du Medef, les gouvernements qui se sont succédés ces 30 dernières années, ont multiplié les exonérations de cotisations sociales du patronat. Macron et la République en Marche tiennent le même discours de réduction du coût du travail.

Quelles sont les conséquences de cette politique?
Pour mettre en oeuvre les économies prévues sur le fonctionnement de l’hôpital, les directions cherchent à réduire ce qui coûte le plus cher en psychiatrie : le personnel. Mais c’est aussi l’outil principal des soins en psychiatrie, la relation soignante, que ces mesures détruisent. La précarisation des statuts, le manque d’effectifs génèrent l’épuisement et la souffrance au travail. L’intensification des tâches se fait au détriment du travail en équipe, de l’élaboration, du travail clinique et de la qualité des soins. La spécificité du soin en psychiatrie, son sens même sont mis en cause. Les équipes ne peuvent plus répondre à toutes les demandes de soins, à toutes leurs missions.
Au CHGR ce n’est pas le premier conflit qui éclate. D’autres hôpitaux en particulier dans le secteur de la psychiatrie sont touchés.

Les travailleurs du CHGR veulent bien faire leur travail et nous voulons être bien soignés, leur lutte est la nôtre.
Parce que nous sommes tous confrontés à cette logique capitaliste qui vise à ce que «les premiers de cordées» s’enrichissent et détournent les fruits de notre travail pendant que d’autres souffrent dans leur vie personnelle ou professionnelle. Loin des logiques de compétitivité et de concurrence, nous affirmons celles de la solidarité. Pour financer notre santé, chacun cotise en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins. Les cotisations dues par les entreprises doivent être payées. Ce qui coûte cher ce n’est pas le travail, c’est le capital, à commencer par celui des actionnaires des grandes entreprises pharmaceutiques.
Au moment de sa création, la sécurité sociale était gérée par les travailleurs. Sa mise en place a permis d’investir massivement et de créer les CHU. Les salariés, les usagers doivent exiger d’en reprendre la gestion.

Plusieurs mouvements politiques se sont exprimés en soutien à la lutte des travailleurs du Chgr, Ensemble se tient disponible pour participer à une convergence politique et citoyenne sur cette lutte.